Edito N° 74
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POUR  UNE  MEDECINE  ECOLOGIQUE
Les questions  écologiques sont restées, pendant longtemps, l'apanage de quelques groupes minoritaires ou de personnalités avant-gardistes . Catalogués comme de doux rêveurs, les écolos des années 80 dénonçaient, sans être entendus, les excès d'une société de consommation, dévoreuse des ressources naturelles, gaspilleuse et polluante.
Depuis quelques années, à la suite de plusieurs scandales sanitaires, dont celui de la vache folle, une large partie de l'opinion publique a pris conscience de la nécessité, pour la santé, de consommer des produits plus sains. Le bio a maintenant du succès ; les points de vente fleurissent dans le pays ; les documentaires qui montrent des alternatives au productivisme font recette. L'attrait de l'agriculture biologique, de la construction écologique, des énergies renouvelables montre un progrès évident dans la prise en compte des pollutions diverses et dangereuses qui nous menacent tous.
Et notre médecine, majoritairement allopathique, comment réagit-elle face à cette évolution de notre société vers la recherche d'une moindre pollution ?
« Quel médecin allopathe se soucie aujourd'hui des effets toxiques, dangereux à court et long terme sur le foie, les reins, le système nerveux et les défenses immunitaires, des pesticides, des engrais chimiques, des colorants, des additifs, des produits de droguerie, du nucléaire, des déchets chimiques et radioactifs ? » écrivait le Dr Jean Gillard en 1989 (1).
Ce constat, sans concession, pourrait être maintenant amendé car quelques médecins courageux, notamment des cancérologues, qui osent s'élever contre les dangers de certaines pollutions de notre environnement, pesticides et hormones entre autres. Mais, d'une façon générale, la médecine orientée vers l'étiologie, la véritable prévention et la conception globale de la maladie, reste malheureusement marginale. Rechercher les causes plutôt que supprimer les symptômes à coup de médicaments souvent toxiques ; prévenir les maladies graves par une éducation à la santé visant à modifier les comportements ; considérer la personne malade dans son ensemble, de façon holistique, plutôt que par une approche spécialisée et cloisonnée. Tout cela nécessite une vraie révolution culturelle dans le monde médical classique. Quel ministre de la santé osera l'enclencher ?
Des citoyens, de plus en plus nombreux, informés et réfléchis, l'attendent. Ils rêvent !..dîtes-vous !.. Peut-être. Mais il se trouve certains professionnels pour se hasarder dans cette voie nouvelle, tel le professeur Couzigou, hépato-gastroentérologue à l'Hôpital Haut-Lévêque à Pessac en Gironde, dans sa chronique (2) intitulée : « Il faut former le personnel médical à l'écologie interne » Il fait une proposition pour la réforme des études médicales : « Pourquoi ne pas mettre en place, dès la première année, une très importante formation concernant l'hygiène de vie, l'éducation pour la santé, l'éducation thérapeutique, l'entretien motivationnel …» Et il termine ainsi son propos: « ..Ces mesures favoriseraient une meilleure qualité de la relation soignant-soigné (gratifiante pour les deux parties), une meilleure qualité de vie, une moindre consommation médicamenteuse et une meilleure utilisation des moyens financiers que le pays met à disposition pour améliorer la santé des Français.. »
On est bien là dans l'esprit d'une véritable médecine écologique, une médecine centrée sur le malade et non uniquement sur sa maladie, une médecine qui, inévitablement, détrônerait les vaccinations au profit d'une prévention pluraliste, nettement plus efficace et beaucoup moins dangereuse.
Il nous appartient de contribuer à mettre en avant ce flanc-là de l'Ecologie .

Joël Lajus

  • (1) Combat Nature n° 84 p.42
  • (2) Sud-Ouest du 2/01/10
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