Edito N° 65 (Juin - juillet - août 2009)
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Pas de panique !

Avec la grippe porcine, devenue la grippe américaine et enfin, la grippe A, le monde est confronté à un nouveau virus mutant, responsable, nous dit-on, d’une éventuelle pandémie. Les médias, toujours en quête de sensationnel, sèment le trouble, images à l’appui, en distillant les communiqués les plus divers. Ainsi, nous apprenons  que la grippe A dope le chiffre d’affaires des groupes spécialisés dans la fabrication des masques – voilà qui est une bonne nouvelle pour certains, en ces temps de crise économique ! – mais aussi  que l’OMS relève régulièrement son niveau d’alerte et que le niveau maximum (niveau 6) n’est pas loin ; ce qui est moins réjouissant.
Les autorités sanitaires nous rassurent : «La France est bien préparée à une pandémie grippale », nous dit D. Houssin, directeur général de la Santé [1]. Notre Ministre de la Santé a annoncé récemment, sur une radio publique, que concernant la lutte contre la grippe, ses experts lui recommandaient deux vaccins, cette année : celui contre la grippe saisonnière et celui contre la grippe A. Double protection : qui dit mieux ? On imagine facilement que la course est lancée entre les différents groupes pharmaceutiques pour être le premier à  mettre sur le marché le vaccin salvateur. Simple coïncidence, Sanofi-Aventis, selon son communiqué de presse du 9 mars dernier, vient d’investir 100 millions d’euros pour construire une usine pour fabriquer le vaccin grippal, saisonnier ou pandémique, au Mexique. Et Chris VIEHBACHER, directeur général de Sanofi de dire : « Cette usine constituera un atout de santé publique pour les mexicains ainsi que pour l’Amérique latine, dans le cadre de la préparation de la pandémie grippale ». On nous le répète, comme pour nous mettre en condition, la pandémie se prépare. Parions qu’elle ne sera déclarée, par l’OMS, que lorsque des millions de doses de vaccins seront prêtes. Les citoyens dociles n’auront plus qu’à se précipiter vers les piqûres, car il n’y en aura peut-être pas pour tout le monde !
Mais, à propos de pandémie, Claude EVIN ancien ministre de la Santé, affirme [2] : « […] au-delà d’une crise médicale, une pandémie est une crise sociale majeure dans laquelle […] il importe de responsabiliser, en amont, les individus, en leur expliquant clairement les choix […] parce que c’est du flou que naît l’angoisse et que l’information sereine est un facteur de résistance. » Non, Monsieur EVIN n’est pas encore adhérent à ALIS, mais il en a le discours !… Car, pour nous, responsabiliser et informer restent nos maîtres-mots !
Informer sur la maladie pour mieux l’appréhender, c’est ce que nous faisons encore dans cette revue avec, entre autres, un dossier sur la rubéole, après avoir traité de la coqueluche, de la rougeole et des oreillons dans les numéros précédents.
« Une personne avertie en vaut deux ! » dit-on ; elle ne se laisse pas manipuler, elle n’a pas peur, et surtout, elle ne panique pas !


JOËL LAJUS

 

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