Edito N° 64 (Mars - avril - mai 2009)
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Prévenir...naturellement !!

« Mieux vaut prévenir que guérir » nous dit, depuis toujours, la sagesse populaire. Nos grands-mères, pour qui la médecine professionnelle était éloignée et coûteuse, usaient d'un savoir-faire, transmis de générations en générations . Celui-ci allait de l'utilisation de l'eucalyptus ou du camphre, pour éloigner les microbes pathogènes, en période de grippe par exemple,à l'emploi de l'ail pour chasser les vers intestinaux, en passant par la purge, au début du printemps et de l'automne . Il y avait nécessité, chez nos aïeux, de s'occuper de sa santé, à minima, de façon à garder le corps capable de fournir la force de travail indispensable.
Dans la seconde moitié du 20ème siècle, avec l'arrivée de la Sécurité Sociale, de la société de consommation, de la toute puissance de la science et de la médecine moderne, est apparue l'idée que la maladie n'était plus un problème et que les médecins et les médicaments étaient là pour tout résoudre, et rapidement. Les vaccinations, piliers de la préventologie, sont devenues de plus en plus nombreuses pour, nous dit-on, nous débarrasser des maladies infectieuses, oh combien redoutables !..La seule prévention qui vaille est désormais médicalisée : la pharmacie n'est-elle pas: « L'Espace Santé « ?..une bonne affaire pour les fabricants de vaccins et de médicaments.
Mais cette embellie pourrait, bientôt, toucher à sa fin ; la presse nous amène à y réfléchir:
Dans son édition du 19 Janvier dernier, le journal « Les Echos » titrait: « Cherche nouveaux antibiotiques désespérément ». On y apprend que les résistances aux antibiotiques se multiplient et que cette dérive inquiète les spécialistes des maladies infectieuses, dans les hôpitaux.Le Dr Rémy Gauzit, chef de service de réanimation de l'Hôtel-Dieu à Paris, reconnaît qu'il y a eu un usage abusif des antibiotiques : « Très souvent, les médecins prescrivent les antibiotiques comme un traitement de leurs propres angoisses et pour calmer leur peur de se tromper ». Résultat ; d'après A.Pérez, l'auteur de l'article, « Plus de 60% des souches de staphylocoques dorés sont désormais résistantes et près de 7% des malades entrant dans un hôpital sont victimes de maladies nosocomiales .
Quelle stratégie faut-il mettre en place face à cette « intelligence des bactéries » ?
Les spécialistes français préparent un livre blanc sur les relations entre les maladies infectieuses et les médicaments. Les vaccins seront-ils mis en cause ?
Le 3 Février dernier, le journal « Le Monde » titrait: « L'alarmante pollution de l'eau par les médicaments ». L'Académie de pharmacie française, dans un rapport rendu à l'automne 2008 souligne que: « La présence de traces médicamenteuses ou de leurs dérivés a été largement établie à l'échelle mondiale, en particulier dans les eaux superficielles et souterraines......... et dans celles destinées à la consommation humaine. »
Pourquoi ?.. Parce que les stations d'épuration, du moins dans les pays développés(ceux qui consomment le plus de médicaments!), n'ont, dans leur cahier des charges, aucune obligation concernant les résidus médicamenteux . Est-ce dangereux ?
Jean-Nicolas Ormsby, du département d'expertise en santé, environnement et travail de l'AFSSET ( Agence Française de Sécurité Sanitaire, de l'Environnemet et du Travail) répond : « Il n'existe pas de données permettant d'établir un lien entre ces résidus et des pathologies chez l'Homme, mais il est légitime de se poser la question. Nous en sommes à l'évaluation des risques sanitaires « . Et l'Académie de pharmacie d'ajouter : « Face à un problème mondial.....une surveillance s'impose ; ainsi qu'une véritable politique de prévention ».
Prévenir, on y revient !.. Quelle prévention va-t-on nous proposer ?..Une consommation plus modérée de produits pharmaceutiques ?..(La France est,au plan mondial, au 4ème rang,
parmi les plus grands consommateurs de médicaments) .. L'OMS va-t-elle mettre en place   une réelle éducation à la santé de façon à ce que les populations, où qu'elles soient,       sachent préserver, par elles-mêmes, leur capital santé?
Ne rêvons pas trop vite ; mais c'est bien ce cap-là qu'il faut viser ; celui d'encourager une prévention de bon sens, axée sur une saine hygiène de vie basée sur les lois de la nature, celui de faire circuler une information qui aide chacun à se libérer du « Tout Médical ».
Prévenir ?.. oui, mais naturellement !.. autant que possible.


JOËL LAJUS

 

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