Edito N° 58 (Septembre - octobre - novembre 2007)
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« L’homme est né libre, et partout il est dans les fers » [1]

Rien n’a changé depuis Jean-Jacques ROUSSEAU dont les écrits résonnent d’une étrange modernité. La liberté est un vain mot dans la vie de chaque jour pour des millions d’êtres humains sur terre qui ne connaissent que servitude et misère. La liberté, un luxe pour quelques uns, un fantôme pour les autres ?
            Mais être libre, être esclave, où sont les limites ? Que nous offre la société pour faire le distinguo ?  Elle a si bien organisé l’asservissement de l’individu que le peuple n’y voit que du feu. Nous avoir fait croire pendant plus d’un demi siècle que le BCG était une absolue nécessité pour lutter contre la tuberculose a fait de nous des esclaves offrant nos bras aux redoutables bacilles de Koch bovins. C’était pour notre bien qu’il fallait déstabiliser notre terrain. Aujourd’hui on nous dit « c’est fini, y’a plus besoin » ! Les hommes libres que nous sommes redevenus vont-ils ouvrir leurs yeux et se libérer vraiment ? Vont-ils continuer à faire confiance à des fantoches sans conscience qui ont abusé de notre docilité, qui nous ont trompés, abusés, maltraités ?
            Cette liberté que nous avons conquise de dure lutte, il nous faut la défendre sans cesse si nous ne voulons pas retrouver d’autres fers, car rien n’est acquis à l’homme définitivement. D’autres menaces se profilent à l’horizon, d’autres mensonges nous seront assénés, d’autres chaînes entraveront nos pas. « La liberté, pour quoi faire ? » demandait Georges BERNANOS, reprenant la boutade attribuée à Lénine [2]. Tellement aliénés par notre joug, nous risquons en effet de perdre la notion même de liberté au point de ne plus savoir ce que veut dire ce mot et à quoi il sert.
            Briser nos chaînes ne suffit pas, il faut aussi comprendre pourquoi nous acceptons de jouer le rôle de la victime consentante face au bourreau totalitaire. Il faut prendre conscience que cette dualité ne fonctionne que grâce à la résignation et à la peur et que c’est ce schéma qu’il faut modifier, en retrouvant notre souveraineté d’homme libre pour construire un avenir où « garder sa santé » ne rime plus avec « vacciner ».

Françoise JOËT

1 – Jean-Jacques ROUSSEAU « Le contrat Social », 1762, chapitre 1er,  première phrase : « L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. Tel se croit le maître des autres, qui ne laisse pas d’être plus esclave qu’eux ».
2 – Georges BERNANOS « La liberté pour quoi faire ? », 1948, Ed. Folio Gallimard, 1995

 

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