Edito N° 56 (Mars - avril - mai 2007)
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Soif d'Ambroisie

Le mythe, parce qu’il rend nos cauchemars supportables, nous aide à voir et à comprendre. Nous sommes comme Tantale, condamnés à ce supplice qui est de ne jamais atteindre ce qui est devant nous et qui se dérobe à la moindre tentative d’approche. Ce qui nous est nécessaire pour vivre est à notre portée. Tout pourrait satisfaire nos besoins. Une société solide, juste et florissante en découlerait.  Mais tout nous échappe. Avec un portable, nous croyons communiquer, or, l’autre est insaisissable, nous brouillons la communication vraie et nous multiplions les problèmes de santé, de déchets, de nuisance. Nous nous jetons dans les loisirs, croyant nous libérer du travail et nous créons de nouveaux enfermements. On nous dit que la santé repose sur les vaccinations et nous nous laissons piquer, sûrs d’être protégés : alors commence une longue sujétion aux soins médicaux, car nous sommes devenus des « patients » à vie. En somme, chaque jour s’éloigne de nos lèvres la coupe d’ambroisie censée nous donner l’éternelle jeunesse, la vie sans souffrance, la forme olympique, la beauté et l’insouciance.
            Prométhée, dans un élan d’audace et de générosité, osa dérober le feu céleste pour le donner aux hommes. Zeus se vengea en attachant Prométhée à un rocher du Caucase où un aigle lui dévorait le foie qui repoussait sans cesse sous l’action impitoyable des divinités réparatrices. Il aurait dû souffrir ainsi sans fin si Héraclès n’était venu le délivrer. Outre le fait que les anciens avaient compris que le foie était l’organe vital le plus important de notre corps et qu’il pouvait se régénérer de lui-même, ce mythe n’offre-t-il pas l’image exacte de ce que nous vivons ? Soumis à une continuelle réparation, aussi vaine qu’illusoire, aveuglé par les Dieux de l’Olympe et leurs promesses, dans une dépendance grandissante, l’être humain croit qu’il est sur le bon chemin, celui du bien-être lié à  la disparition des maladies. Quel leurre !
            « C’est la société qui multiplie les causes d’inadaptation physique, mentale et sociale, et qui rend nécessaire ensuite la dépense de sommes fantastiques pour soigner, réinsérer ou maintenir en vie les inadaptés », écrivait René LENOIR [1] en 1974. Ce formidable gâchis, cette odieuse perversion, ce scandaleux abus de confiance devrait devenir patent pour tous. Ainsi, cesserions-nous de tendre les bras pour saisir ce qu’on nous refuse et chercherions-nous la vérité là où elle est. Les parents qui ont envoyé au diable les bons apôtres qui les accusaient d’avoir rendu leurs enfants autistes ont ouvert la brèche et ont enfin mis les vaccinations sur le banc des accusés. Le procès ne fait que commencer, il ne pourra que s’amplifier lorsque l’inutilité et la dangerosité des vaccins auront fait surface.  
            Le nectar des nectars n’est pas inaccessible, il suffit de cesser d’être esclave pour  trouver une place au banquet des Dieux et savourer avec eux le divin breuvage. Et peu importe l’ivresse, pourvu qu’on ait la liberté, sans laquelle aucune société ne peut se construire.

Françoise JOËT

1 – Réné LENOIR « Les exclus : un français sur dix », Ed. du Seuil, Paris 1974, cité par Ivan ILLICH dans « Némésis médicale », Ed du Seuil, Paris, 1975, p. 81

 

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