Edito N° 48 (Mars - avril - mai 2005)
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"Like, Light and Co " ou le jeu des maux

Avez-vous remarqué combien le langage est révélateur des vicissitudes de l’esprit humain ? Grâce à ses non-dits, ses sous-entendus, ses contenus allusifs, les mots parviennent à vous faire prendre le lard pour du cochon. Quel art, quand on sait ne pas dire les choses tout en en parlant ! Technique bien rodée et codifiée que pratiquent à merveille ceux qui sont coutumiers de « la langue de bois ». Et, pour parodier Alain Rey, le chroniqueur philologue de France-Inter, qui dit « langue de bois » dit « formules non compromettantes », lesquelles, s’opposent à « franc-parler ». On peut dire que le corps médical a toujours préféré user de formules alambiquées et sibyllines pour que le vulgum pecus ne puisse saisir la réalité ou l’inanité des choses ainsi dissimulées.

Un des avatars de la mondialisation a été l’usage intempestif de l’anglais. Ainsi voit-on introduire en tout lieu des vocables anglo-saxons utiles aux dissimulateurs. Par exemple « like » au mot « polio » et vous obtenez ce qu’on appelle un « faux fuyant » ou une « circonlution », c’est à dire un terme qui évite de dire nettement et franchement la vérité. L’expression plus étoffée donnerait « it looks like polio », qui veut dire « on dirait la polio », ou bien « c’est comme si c’était la polio », ou encore « voilà qui ressemble à la polio », ou enfin « ça pourraît bien être une polio ». Si vous renforcezl’expression en plaçant « just » devant « like » , vous obtenez « c’est bien typiquement une polio ». Vous avez suivi tous les détours ? Alors vous pouvez faire le même exercice avec toutes les maladies dites « à prévention vaccinale » qui ont des rejetons affublés du mot « like » (rougeole-like,coqueluche-like,etc…).

Quant à « light », mot magique que les publicitaires ont introduit dans le « franglais » à l’usage des consommateurs, il révèle les mêmes supercheries que pour le Canadry Dry : même couleur, même aspect, mais….. Il pourrait s’appliquer aux nouveaux vaccins « atténués », « plus supportables », « perfectionnés », qui remplacent les vaccins-bazookas trop réactifs. (le vaccin antitétanique PAD après l’anatoxine pure de Ramon, le vaccin Typhim après le TTAB, le vaccin anticoquelucheux acellulaire après le vaccin à germes entiers…), mais la différence des ersatz du Canada Dry, en vaccinologie, les remplaçant sont vraiment pires que les originaux.

Quand cessera-t-on de tourner autour du pot, de tergiverser, d’user de détours pour parler des vaccins ? Quand osera-t-on dire qu’une « polio-like » est une vraie polio, mais une polio vaccinale ? Ah, bien sûr, que des desillusions cela fera naître, quel discrédit sur l’establishment (pardon pour ce mot anglais), quelle baisse de ferveur chez les fidèles ! C’est pourtant à ce prix que l’on pourra prétendre à une vraie santé publique.

Jouons aux devinettes : BCG et BCGite sont dans un bateau. BCG tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ? BCGite plus BCG SSI [1] . Je vois bien, vous vous êtes fait avoir, pourtant c’est le jeu : dissimuler les maux par des mots. Vous saurez pour la prochaine fois.

[1] Voir article dans « Brèves » p. 39

Françoise Joët

 

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