Edito N° 46 (Septembre - octobre - novembre 2004)
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Mise au point

La question m’est souvent posée : « Que fais Alis ? qu’a-t-elle gagnée ? » Eh oui, tout le monde est impatient. On voudrait des victoires tangibles, on voudrait voir bouger l’édifice et vite. C’est oublier que l’édifice a une assise de 200 ans. Le dogme vaccinal est ancré profondément dans notre inconscient, constituant la plus puissante de nos religions. Or ce n’est pas un schisme que nous voulons, mais bien une libération des consciences afin que notre esprit et notre corps cessent d’être prisonniers d’une fausse science. C’est donc un travail de longue haleine, qui peut, certes exaspérer les activistes prêts à lever le poing. Et ils sont nombreux à vouloir galvaniser les moutonnières du haut d’une tribune. Le discours libertaire séduit toujours en un premier temps, ce qui empêche de voir poindre le tyran en un deuxième temps. Alis est aguerrie et elle n’a pas choisi la politique du « rentre-dedans », le plus souvent contre productive. Mais elle n’a pas pour autant choisi les compromissions pratiquées aussi par ceux qui gravitent dans la mouvance alternative. S’il fallait définir notre ligne de conduite, je dirais que nous sommes des veilleurs et des acteurs de l’évolution. Rien n’est immuable : l’obscurantisme, tout comme le vaccinalisme, n’a qu’un temps, il fera place à une nouvelle conscience un jour ou l’autre. Alis agit pour que le terrain soit propice à ce changement.

Mais chacun sait que la tentation d’asservir les autres est toujours présente, alors Alis veille et dénonce les abus de pouvoir. Sur la douzaine de recours que nous avons présentés devant le Conseil d’Etat, nous en avons gagné la moitié et deux actions sont actuellement devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Ce n’est pas rien.

L’utilisation des vaccinations comme arme au service des puissants est tout à fait révoltante ; elle entraîne licenciements abusifs, pressions intolérables sur les parents, chantages cyniques lors des divorces, sélection à l’embauche, repérage et contrôle social, fichage et dénonciation pour secte, persécution des praticiens non-orthodoxes, etc. L’inquisition n’avait pas fait mieux. Même si l’on peut déplorer le manque de militantisme en ce début de XXIème siècle, ce ne sont pas des victoires à la Pyrrhus que nous recherchons, nous n’avons nul besoin de lauriers. Les revendications, quand elles sont justes, aboutissent, fussent-elles longtemps dénigrées. C’est dans cet esprit qu’Alis travaille, n’en déplaise à tous les agités qui voudraient la voir dévier de sa route, pensant détenir à eux seuls la vérité. Je renvoie ici le lecteur à un livre hautement instructif qui montre admirablement le conflit qui anime toutes les sociétés : liberté et tolérance contre intégrisme et violence, quels que soient les enjeux(1). Bien que le droit à l’insurrection soit légitime, meme constitutionnellement, lorsque les libertés garanties sont bafouées, le geste de lever le glaive est-il, lui, toujours légitime ? A vous de réflechir et de choisir, peut-être, d’autres voies.

(1) – Stefan SWEIG, Conscience contre violence ou Sébastien Castellion contre jean Calvin, Ed Le Castor Astral, 1987 ( L’intolérance du réformateur genevois le conduisit à faire bruler vif Michel Servet en 1553, provoquant l’indignation de Castellion, prédicateur qui s’est toute sa vie s’est battu contre « le forcement des consciences »).

Françoise Joët

 

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