Edito N° 39 (Février 2003)
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A la manière de ....

Tous, les grands prêtres de l'OMS, les diacres du SAMU social, les petits abbés du ministère, les vestales de l'Institut Pasteur, les mères Thérésa de la seringue, tous, ils sont venus pour traquer le virus qui paralyse et estropie.

Oui, mais, la polio revint, elle était toujours vivante !

Il fallut donc reculer l'échéance, renforcer les effectifs, terrasser les foyers irréductibles. On fit campagne. La bioforce était sur le pied de guerre. Les records furent pulvérisés : un million de vaccinés en Chine en deux jours, trois millions de vaccinés en Inde en un jour,des actions commandos au Kosovo pendants les trèves. Bref, on a voulu mettre le paquet, comme au temps où la variole sévissait. Et les labos ont assuré.

Oui, mais, la polio revint, elle était toujours vivante !

Constat d'echec, on dut abandonner les grands moyens; exit l'artillerie, il fallut ruser. Juste une petite erreur de chiffre, histoire de laisser aux généreux donateurs, un brin d'espoir. Si bien que tous, les chevaliers du Rotary, les grands Manitous de Microsoft, les Maharadjahs de la Banque Mondiale, les Princes de l'Unicef, tous étaient prêts à proclamer l'éradication.

Oui, mais, la polio était toujours vivante!

Perplexité dans les rangs. Comment venir à bout de ce microbe qui nous nargue? On consulta les scientifiques. "Attention aux mutants" dirent-ils. "Surveillez les Polio-mens, ces excréteurs sans vergogne. Nettoyez les marigots. Respectez la flore intestinale. Donnez de l'eau potable à chacun. Assainissez, assainissez, que diable!" La leçon fut apprise.

Oui, mais, la polio revint, elle était toujours vivante

Alors, il fallut entreprendre la lutte finale pour tordre le cou une bonne fois pour toute à cette bestiole. Un nouveau vaccin? Inutile. Des voix commencèrent à se faire entendre; des mots retentirent, timidement: surveillance... endiguement.... dépistage.... traitement par le chlorure de magnésium... Beaucoup connaissaient, mais n'avaient pas osé. On essaya.

Oui, mais, la polio revint, elle était toujours vivante !

Cette fois c'en était trop. En désespoir de cause, on se tourna vers les associtions:
- " Que nous conseillez-vous, ô sages ?"
- " Une seule solution : arrétez la vaccination."
- " Ah bon."

Et ainsi fut fait. Depuis la polio ne fait plus parler d'elle ; elle a rejoint ses petits copains au fond de nos intestins.

Françoise Joët

 

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