Edito N° 15 (Décembre 1996)
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Les Voies de l'autorité

"Pour des formes archaïques de pouvoir, que tous les pouvoirs savent retrouver quand ils sont en phase de régression, la violence, la contrainte et la force sont des recours efficaces. L'Etat reste d'ailleurs toujours le détenteur de la violence légale même s'il en fait plus souvent un symbolique que réel".

Ces reflexions de Bernard René [1] illustrent parfaitement l'attitude actuelle du pouvoir médical. Plus la médecine classique s'obstine dans l'impasse du pasteurisme et plus elle enregistre de'echecs, plus les patients s'évadent et recherchent ailleurs des solutions à leeurs problèmes, et plus vigoureux est le reflexe de défense du pouvoir médical. Celui-ci perd complètement de vue l'humaine condition pour ne plus mettre en marche que le rouleau compresseur de la normalisation, voire de la répression, afin d'assurer le contrôle social.

C'est ainsi que telle directrice de crèche est sommée de faire vacciner au risque de se voir révoqué pour refus d'obéissance, que telle aide-soignante après 7 injections de vaccin anti-hépatite B, se voit licenciée et reclassée pour le motif qu'elle n'a pas developpé assez d'anticorps, que telle infirmière, victime du vaccin anti-hépatite B, est obligée de reprendre son travail, alors qu'elle est dans un état grave, pour la simple raison qu'aucun médecin expert ne s'est déclaré compétent pour établir un lien de causalité avec le vaccin... Combien d'autres exemples d'abus de pouvoir, tout aussi scandaleux, pourrait-on dénoncer encore!!!

Pourtant les fissures dans l'édifice se creusent. Les généralistes commencent à dénoncer la mise en place des réseaux de soins, car ils sont une menace d'aliénation du médecins aux financeurs et à l'industrie pharmaceutique, entraînant la perte de la liberté de prescription et de liberté de choix.Bientôt le parlement européen devra se prononcer pour la reconnaissance du statut des médecines non conventionnelles. Déjà, des juristes se regroupent pour faire évoluer la législation sur la base du devoir de compétence et du respect de l'éthique médicale.

Il faut esperer que les éxecuteurs de basses besognes ou les " familiers de l'inquisition médicale moderne" seront freinés dans leurs exactions et que le citoyen pourra enfin conquerir le seul pouvoir légitime, celui de prendre sa propre vie en main, le pouvoir d'être libre de gérer sa propre santé, en redécouvrant, selon les termes d'Ivan Illich [2], sa propre capacité de sentir et de guérir.


[1] Bernard René - Université de Poitiers - " 3 millénaire" - n°11 - 1983 - page 16
[2] Ivan Illich " Némésis Médicale" ed. du Seuil 1975

Françoise JOËT

 

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