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(Edito 75) POUR  UNE VRAIE PREVENTION 

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« Pour un socle universel de protection sociale. La santé des plus pauvres au menu du G20 ». Tel est le titre d’un article publié par le journal Le Monde et rédigé par deux médecins responsables dans l’association Médecins du Monde [1].
L’idée, intéressante et généreuse, est de demander à la présidence française du G20 de s’engager en faveur d’une couverture maladie universelle « parce que face à la crise et aux inégalités de santé dans les pays les plus pauvres, les dirigeants du G20 se doivent d’être audacieux, en soutenant, dans les années à venir, un socle de protection sociale mondiale. Le choix est avant tout politique, c’est un choix de société plus solidaire. .. » écrivent-ils.
Que les Terriens, partout sur la planète, bénéficient d’un meilleur accès aux soins, serait à n’en pas douter une excellente chose, un progrès social incontestable. Mais est-ce vraiment la première des priorités pour que les populations soient en bonne santé ? Est-ce pertinent de donner une réponse médicale à des situations sanitaires dont les facteurs de risques, maintenant bien identifiés, trouvent leur source dans l’état de l’environnement ? C’est valable pour nos pays développés, mais cela l’est plus encore pour les pays pauvres. En 2003, à l’occasion de la journée mondiale de la santé, intitulée : « Un environnement sain pour les enfants », l’OMS précisait que : « près de 40% des enfants de moins de 5 ans [10% de la population mondiale] souffrent de troubles dus à leur environnement ». L’insalubrité de l’eau, le manque d’hygiène, la  pollution de l’air, les maladies transmissibles, les risques chimiques et les traumatismes accidentels, constituent les six risques environnementaux auxquels, selon l’organisation onusienne, il faut s’attaquer en priorité  [2].
Cette situation a malheureusement peu changé de nos jours. Le constat et le souhait de l’OMS sont restés lettre morte ; l’UNICEF, autre organisation onusienne, mais spécialisée dans l’aide à l’enfance, préfère encore consacrer une grosse part de son budget à fournir des vaccins, aux quatre coins du monde, à destination d’enfants qui boivent de l’eau sale, vivent dans des taudis et ne mangent pas à leur faim. Elle participerait plus sûrement à leur bonne santé en faisant creuser des puits, en aidant au développement des cultures vivrières en milieu aride – en faisant appel à l’expertise de Pierre RABHI par exemple -, en veillant à la bonne répartition de la production alimentaire locale et en mettant en place une éducation de base à l’hygiène.
Ce serait là faire progresser durablement l’état de santé des plus pauvres, sans effets secondaires néfastes ! Ce serait là permettre aux populations les plus démunies de gagner en autonomie, de devenir plus responsables vis-à-vis de leurs conditions de vie et, ainsi, de prévenir de désastreuses catastrophes sanitaires. Vouloir soigner les gens, c’est bien, c’est nécessaire ; s’attaquer aux causes des maladies, c’est encore mieux, car c’est primordial.
Protection sociale, d’accord, mais vraie prévention, d’abord !

Joël Lajus

 

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